Une héroïne

C’est la journée de la femme aujourd’hui et j’aimerais vous présenter une des plus grandes femmes que j’ai le plaisir d’appeler une amie.

Quand j’étais en santé, il y a déjà de ça quelques lustres, je me faisais un devoir de donner du sang le plus régulièrement possible. Je crois que c’est un devoir pour tous ceux qui sont capables de le faire que de donner du sang. Je crois également que c’est notre devoir que de céder nos organes après notre mort. Je sais que certaines personnes voudront invoquer certaines croyances religieuses mais il faut réaliser que la loi ne nous permet pas d’être enterré avec nos organes et que si on échoue à les léguer à quelqu’un qui en a besoin, nos organes se retrouveront inévitablement dans la poubelle chez l’embaumeur. Alors tant qu’à savoir qu’ils seront jetés et inutiles pourquoi ne pas signer sa carte de don d’organe?

Mais revenons au sang. Ceux qui me connaissent le savent, je suis un homme gouverné par des principes vertueux. Mon incorruptibilité m’a coûté ma carrière de policier (pour l’histoire complète visitez le blogue de Véronik www.mademoisellekblog.wordpress.com), ma loyauté est inébranlable et même la famine n’a pas réussi à me faire transgresser ce principe et mon sens de l’honneur me dicte que je dois faire tout ce que je peux pour aider mon prochain, notamment en lui permettant de recevoir mon sang dans un moment de grand besoin et de grande détresse.

Malheureusement, la santé m’a quitté et ça doit bien faire une dizaine d’années, peut être même 15 que je n’ai pas pu donner du sang car celui-ci contient des médicaments incompatibles avec le processus du don de sang. Lors d’une entrevue que j’ai donnée au Nord Info et au Courrier de Laval, j’ai confié aux journalistes que les deux choses dont j’avais le plus hâte devant la possibilité de retrouver la santé étaient l’idée de pouvoir courir et donner du sang.

Coup de théâtre, voilà que je me retrouve à l’autre bout de cette transaction. Je perds la moitié de mon sang lors de ma première chirurgie et je dois en recevoir pour assurer ma survie. Pour une des rares fois dans ma vie je ne suis pas le sauveur mais le sauvé. C’est à mon tour d’avoir besoin d’aide et laissez moi vous dire que la position du receveur de sang est de loin plus stressante que l’inconfort de l’aiguille pour en donner. Je suis donc confronté au choix : recevoir du sang ou risquer de ne pas traverser la nuit. Dans mon entourage, j’ai une personne qui m’est chère et qui a été victime du sang contaminé par l’hépatite C, dans les années ’80 et je ne vous cacherai pas que j’ai eu une pensée pour elle et que la chienne m’a pogné. Mais on m’a rassuré, le sang aujourd’hui est testé est re-testé et j’ai repris contact avec la noblesse de ce geste.

J’ai reçu 5 transfusions de sang. Grâce à la noblesse, à l’honneur et à la générosité de 5 personnes que je ne connais pas, j’ai le plaisir d’écrire ces lignes aujourd’hui,  mais ce n’est pas tout, je ne vous ai pas encore parlé de mon héroïne.

Je parle souvent de Véronik Lacombe, ma conjointe. C’est une femme courageuse et dévouée, c’est ma muse et par tous les droits elle peut se vanter d’être une de mes héroïnes mais aujourd’hui je veux vous parler de Katia Carrier.

Katia et moi sommes amis depuis le secondaire mais nous nous sommes rapprochés davantage à l’âge adulte. C’est une femme incroyablement bonne, brillante, agréable et dont le cœur est pur.

L’an dernier, elle s’est fait raser la tête pour le défi leucan, au grand dam de son conjoint et si je me rappelle bien, elle le faisait par solidarité pour une jeune fille atteinte d’un cancer qui va à l’école avec sa fille.

Cette femme donne, sans compter et sans que ça ne lui soit demandé, elle est un exemple à suivre pour ses 4 magnifiques enfants et un modèle duquel s’inspirer pour chacun de nous.

Mon amie Katia est venue me voir en spectacle samedi passé, elle connaissait déjà le matériel que j’allais présenter mais les profits de la soirée allaient être remis à opération enfant-soleil alors elle est venue.

Katia sait que je rêve du jour ou je pourrai redonner du sang, et samedi (elle ne le sait pas encore), elle m’a fait pleurer comme un veau. Elle m’a dit, tout bonnement, à la Katia, qu’elle avait donné du sang 3 fois déjà et qu’il ne lui reste que deux visites pour avoir remboursé ma dette.

Pour avoir remboursé ma dette!!!! Elle sait que j’ai failli mourir, elle sait que j’ai pris 5 poches de sang dans la grande banque d’héma Qc et elle a pris sur elle, sans que personne ne le lui demande de remettre les 5 poches que j’ai utilisées afin que quelqu’un d’autre puisse vivre et faire quelque chose de bien avec sa vie.

Moi qui m’enorgueillis d’être un homme d’honneur, gouverné par des principes nobles, j’ai sincèrement du m’asseoir quelques instants, pour arrêter de pleurer tellement ça m’a touché mais surtout pour remercier le ciel d’avoir reçu cette fantastique leçon d’humilité.

Katia Carrier rembourse ma dette de vie, de façon anonyme, sans intérêts ni gains personnels et je vous le dis, je n’ai jamais été aussi fier d’être un être humain, capable de bien, que depuis que je connais Katia.

Merci mon Héroïne

René

xxx

 

Publicités

2 commentaires on “Une héroïne”

  1. Manon Gaudet dit :

    Tu sais René je te découvre sous un nouveau jour… Nous ne nous connaissons pas vraiment sinon que je vous ai servi Véronik et toi dans une chaine de resto à Ste-Thérèse. Je tiens à te dire que tu es une belle personne, une personne sensible et attachante. Ton blog me fait du bien alors je te demande de ne pas abandonner…c’est bon de te lire

    Amicalement Manon xoxo

  2. Katia Carrier dit :

    Mon cher René,
    Toi aussi tu as su me faire pleurer. Mes enfants m’ont vu pleurer lorsque j’ai lu ton article. Mon Dieu… si je m’attendais à ça…
    Je ne sais pas quoi te dire, le simple fait d’y penser me fait perdre tout mes moyens.(*Ça y est, j’ai un petit trémolo dans la voix!*)
    Je n’ai pas la même facilité que toi à écrire et à m’exprimer. Car il faut le dire, tes articles sont toujours si bien écrits et très agréables à lire. Et d’écrire sur un site public, m’embarasse un peu…
    Mais s’il y a une chose que je peux ajouter c’est cette citation qui m’inspire beaucoup:
    « Nous sommes ici pour apporter ce que nous pouvons à la vie, et non pour en retirer tout ce que nous pouvons. » -William Osler

    Je croix qu’elle résume bien ce qui me motive. Dans le fond, c’est à la porté de chacun de poser ces petits gestes qui peuvent parfois faire une différence…

    Merci à toi René et à ta douce moitié de faire parti de nos vies.

    Katia xoxo 🙂


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s