J’aimerais donc voir mes pieds!

Je suis rendu à 120 livres de perdues. Théoriquement je devrais être capable de voir mes pieds, mais non!

J’ai une hernie incisionnelle. Ce que ça veut dire, c’est que la couture faite sur mes muscles abdominaux pour les rattacher ensembles a cédée sous la pression qu’exerce mes organes internes. Ça veut aussi dire que mes intestins sont maintenant collés sur ma peau et que je n’ai plus de muscles pour les protéger. Ça veut aussi dire que les muscles ne créent plus une barrière naturelle pour étouffer le son et que ma digestion me réveille la nuit maintenant.

J’ai beau être de bonne nature et essayer de rester positif n’en reste pas moins que je suis un peu excédé de la série de « bad luck » qui me suit et refuse de me laisser tranquille. Mais ce qui m’irrite le plus c’est la désinvolture des acteurs dans le système de santé face à cette série de malchances.

Rappelons nous les faits, nous sommes le 3 novembre 2010, je viens tout juste de me faire opérer, à ventre ouvert, fendu du sternum au nombril et je souffre un martyre parce qu’en m’ouvrant, les chirurgiens ont crevé un abcès alors ma plaie est irritée et les analgésiques ne font pas effet.

Il faut que j’attende jusqu’au 4 novembre pour voir mon chirurgien et savoir comment l’opération s’est déroulée. Ce que mon chirurgien voulait dire c’est : « ça a été laborieux mais nous sommes satisfaits de notre travail », ce qu’il a dit c’est « ça a mal été ».

À ce moment là, ça fait un mois que je suis à l’hôpital, j’accumule les malchances et mon médecin qui a les « bedside manners » du dr. Ballard vient de détruire l’espoir qui vivotait encore en moi.

Je me suis fermé, comme une huître, j’ai littéralement dormi pendant 3 jours. Et après j’ai rompu la communication avec mon personnel soignant. Il ne jouissait plus de ma confiance alors j’ai cessé de collaborer.

Malheureusement, ma confiance, j’ai eu raison de la leur retirer. Quelques jours plus tard, une infirmière entre dans ma chambre avec le projet de m’enlevé mes broches sur ma cicatrice. Dès la deuxième broche, la plaie a commencé à ouvrir. Je lui ai dit : « arrête, tu vois bien que ce n’est pas fermé » et elle m’a répondu : « oui, mais c’est écrit d’enlever les broches dans votre dossier ».

Écœuré, épuisé, défait j’ai abandonné le combat, je me suis fermé les yeux et je l’ai laissé faire.

La plaie a tellement ouvert qu’on voyait clairement mes muscles et les points de sutures sur ceux-ci. Pour éviter que je ne m’infecte on devait me mettre des mèches salées dans cette plaie et les changées à tous les jours. Pendant deux mois, j’ai eu du monde qui m’ont poussé du coton salé dans une plaie ouverte et ce qui devait arriver, arriva. Une de mes vaillantes infirmières a poussé trop fort sur mes mèches salées et a défait un point de suture.

Le chirurgien m’a dit de ne pas m’en faire qu’on pouvait me fesser dans le ventre à grands coups de pieds et qu’il n’y avait aucun danger.

Tu parles, deux mois plus tard mes muscles se sont séparés et mes intestins poussent sur ma peau comme s’il n’y avait pas de lendemain. Mon hernie mesure, au bas mot, 10 pouces de long par 6 pouces de large et 3 pouces d’épais. J’ai comme un ventre qui pousse sur mon ventre, j’ai l’impression d’être dans le film Alien mais que la bébitte prend son temps pour sortir.

Mais là ce n’est plus la même histoire, il faut que je fasse attention pour ne pas me faire perforer un intestin, apparemment l’idée de me faire donner un coup de pied dans le ventre n’est plus un projet viable.

Mais ce qui me sidère c’est de me faire dire : « oh! Ça arrive souvent avec ce genre d’opération », « c’est bien documenté, les gens obèses ont plus de pression interne alors les sutures cèdent plus facilement. »

Eh! Bien! Si ça arrive souvent, pourrait-on rattacher les muscles avec du meilleur fil? Avoir des infirmières qui utilisent leur jugement? N’importe quoi qui ferait en sorte que cette situation ne se multiplie pas.

En attendant, c’est moi qui est pris avec l’inconfort d’avoir mes trippes qui veulent me sortir du ventre, c’est moi qui vis avec l’inconfort de les sentir et les entendre digérer. C’est moi qui vis avec une bosse immense qui ne rend pas justice à ma progression.

Et c’est moi qui vais devoir attendre au moins un an pour que ça soit corrigé.

En bout de ligne, je suis heureux quand même, je progresse très bien mais pour vous dire vrai, au lieu de me faire dire « ça arrive souvent », j’aurais préféré un : « je suis désolé ».

René

Publicités

5 commentaires on “J’aimerais donc voir mes pieds!”

  1. […] traite de son point de vue par rapport à son hernie. Pour lire l’article, cliquez ici. Vous pouvez aussi le suivre sur twitter @reneforget.  Dans le même ordre d’idée, il a mis […]

  2. martine dit :

    Comme je te comprends!!! je vis exactement la même chose!! L’hernie, j’y pense TOUT le TEMPS(même en me levant la nuit) C’est totalement traumatissant et cause un réel handicape, comme si notre poids et revenir d’une opération n’étaient pas assez monopolisant! Mais moi se qui me blesse le plus est la condescendance des médecins qui depuis des années, te font comprendre que c’est de TA FAUTE toutes les complications relié à ton obésité, donc aucune sympatie et évidament aucune faute professionnel! Comme trop souvent les obèses sont perçu comme des gens qui mérite leurs conditions……

    • MotoGirle dit :

      Je vois lis et ça commence à me stresser. A quelle hopital vous êtes vous fait opérer! Je devrais passer par là moi aussi cependant je commence à penser à me tourner vers un régime drastique protéiné car ça ne semble pas simple pour vous. Aviez-vous rencontré des gens ayant subi cette intervention avant vous! Quel est le taux de réussite?

  3. louiselav dit :

    Effectivement plus on est obèse et plus les risques sont grands semble t-il!
    Les ennuis que vous connaissez ne me sont pas étranger.
    J’ai accouché de bébé hernie 2 ans après l’avoir eu 2006-2008
    En dernier il m’était impossible de pousser un panier d’épicerie
    La douleur était vive.
    On m a posé une prothèse filet pour draper les muscles
    Au réveil aye-aye c’est douloureux, morphine.
    Un mois sera nécessaire pour tolérer ce corps étranger
    J’étais tellement motivé à perdre du poids que je n’ai pas eu
    Cet effet de révolte mais 2 mois à l’hôpital c’est long une chance
    la télé plogué sur série plus toute la journée.
    Un by pass pas facile je me bas encore pour conserver le peu de
    Santé qu’il me reste mais personne ne m’enlèvera la fierté de mes
    Efforts pour conserver mes acquis.
    Quand la roue commence on ne sait jamais quand elle va s’arrêter
    Bonne chance

  4. This article offers clear idea designed for the new visitors of blogging, that actually how to do running a
    blog.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s